Le Dalaï Lama, vous parlerait du moustique dans la chambre a coucher...

C’est le genre d’histoire qui fait immédiatement vibrer une corde chez les journalistes, les scénaristes, et tous ceux qui s’inspirent de la vie pour nourrir leur travail.

La belle histoire d’une jeune indienne,  qui avec son envie de changer le monde chevillée au corps, a réussi à initier le plus grand mouvement citoyen d’enfants de la planète.

Kiran Bir Sethi est une enthousiaste invétérée, qui croit depuis son adolescence en sa faculté d’être le changement qu’elle voudrait voir, pour paraphraser l’un des ses plus célèbres concitoyens.

Son idée de départ, créer une école de la vie, une école dans laquelle il n’y aurait pas de frontières entre les apprentissages scolaires, et les leçons de vie.  Ainsi elle a mis sur pied en 2001 un programme destiné,  en marge des apprentissages classiques, a inoculer à ses élèves ce qu’elle appelle le Virus : I can, Je peux, et ainsi leur faire prendre conscience de leur capacité à devenir des acteurs de changement, écoutés et respectés.

Dès ses premières initiatives les résultats sont édifiants, les élèves deviennent des enfants plus épanouis, et leurs résultats scolaires s’en ressentent, l’établissement obtient les mêmes résultats que les meilleures écoles du pays. Outre les bénéfices collatéraux, c’est la méthodologie développée par Kiran Bir Sethi qui est intéressante. Car elle a modélisée son idée, s’inspirant du design thinking, afin que tout les monde puisse s’en emparer.  

Kiran Bir Sethi a été visionnaire, puisqu’aujourd’hui, son mouvement baptisé « Design for change »,  s’est répandu comme une trainée de poudre, dans une trentaine de pays, plus de 25 millions d’enfants ont opéré des changements au sein de leurs communautés suivant les principes de l'organisation.

Le processus est simple, et repose sur 4 étapes : Fell, Imagine, Do, Share

Tout d’abord la prise de conscience : Ressent !

Par exemple, quand Kiran Bir Sethi a voulu sensibiliser l’une de ses classes au travail des enfants, elle a demandé à ses élèves de se muer en petits ouvriers, en lieu et place de la classe,  et de rouler sans relâche des sticks d’encens pendant 8 heures d’affilé. A l’issue de l’expérience, la classe entière, réalisant quel était le quotidien de milliers d’enfants a eu envie d’agir.

La deuxième étape est d’imaginer des solutions, en l’occurrence , les élèves ont décider de s’attaquer aux employeurs, et de les convaincre de ne plus embaucher des enfants.

Troisième étape, le Faire, et donc agir concrètement sur le terrain, avant de boucler la boucle en partageant son expérience.

Tous les participants à Design for change sont invités à envoyer des vidéos retraçant les étapes de leur mission, chaque année des livres sont édités regroupant les initiatives les plus positives, des conférences annuelles regroupent également les participants de différents pays.

 

Quelques belles initiatives :

En Inde, une classe a décidé de s’attaquer au problème des intouchables,  qui sont considérés comme des sous – hommes. Les intouchables ne sont pas la plus basse caste d’inde, c’est pire, ils sont exclus du système de castes, totalement méprisés. Les enfants intouchables, ne sont pas autorisés à se rendre sur les bancs de l’école et sont donc souvent condamnés à perpétrer des générations d’illettrés, et de miséreux, enfin jusqu'à ce qu’une classe d’enfant du Rajasthan décide de s’opposer à la tradition, et se range du côté des enfants intouchables, décidant que tant qu’il ne leur serait pas accordé les mêmes droits qu’eux , ils épouseraient leur quotidien, et vivraient comme ces opprimés. Ainsi ils ont organisé des grèves au milieu du village refusant d’aller en classe, ballayé les rues, bu comme des animaux ne posant pas leur lèvres sur les récipients.  Une initiative très émouvante et qui a fonctionné . Les adultes tellement déroutés de l’attitude de ces enfants déterminés ont cessé de stigmatiser les enfants intouchables et les ont autorisé à aller à l’école.

En Colombie, une classe a solutionné le problème de la pollution crée par de l’eau vaisselle  dans un village en créant un liquide vaisselle écologique.

Aux Etats-Unis, une classe d’adolescents new yorkais a mis au point un site internet pour lutter contre la dépression des enfants à l’hôpital, travaillant sur le fonctionnement du cerveau, et réfléchissant à comme activer l’amygdale gauche (du cerveau pas de la gorge ! ) qui délivre au corps des émotions positives.

En France, des centaines d’initiatives ont vu le jour. Design for change est relayée par Bâtisseurs de possible, vous pourrez découvrir les différents projets exécutés sur leur site. Que vous soyez, parent,  professeur, enfant, vous pouvez vous aussi lancer une opération dans votre communauté.